Europe 1 fuit le débat sur le respect des règles démocratiques

Europe 1 fuit le débat sur le respect des règles démocratiques

Jeudi 25 février, la radio Europe 1 s’est obligée d’apporter un éclairage sur la dernière prise de position politique de son chroniqueur Daniel Cohn-Bendit qui a signé aux côtés de Martine Aubry une déclaration très critique à l’égard du gouvernement. L’animateur de la tranche horaire du matin, Thomas Sotto s’est prêté au jeu en interpellant Cohn-Bendit sur la portée politique de cet acte. Ce dernier a revendiqué sa liberté de parole en précisant qu’il pourrait signer d’autres textes émanant de politiques de différents partis. Cette réplique ne répond pas à la question de fond : sur Europe 1, Cohn-Bendit a-t-il carte blanche de la part de la direction de la chaîne pour faire de la politique comme il le souhaite ? Et dans ce cas, il est logique de se demander sur que quelle légitimité repose un tel statut ? Précisions à ce propos qu’aucun autre journaliste ou chroniqueur d’Europe 1 ne dispose d’une telle liberté de parole.
Si une radio décide d’accorder du temps de parole à un homme politique, elle doit le faire de façon égale pour chacun des partis, ou sinon cela ira à l’encontre des principes démocratiques de la République.
Cohn-Bendit est un homme libre et peut penser ou même dire ce qu’il veut. Mais il ya problème quand il s’exprime dans un temps imparti chaque jour sur la même radio qui, faut-il le rappeler, n’est pas le canal d’expression d’un parti politique. Les propos quotidiens de Cohn-Bendit engagent de facto Europe 1 car celle-ci ne laisse pas de temps de parole à des intervenants politiques d’autres partis, qui pourraient contredire, ou même débattre avec celui-ci.
Daniel Cohn Bendit n’a pas de passe droit pour instaurer ses propres règles. Soit il est dans son rôle de chroniqueur, soit il endosse ouvertement celui d’homme politique. Le CSA a instauré des règles que tout homme libre dans ce pays se doit de respecter. La direction d’Europe est responsable de l’application de ces règles. En en recadrant pas son chroniqueur, elle opte pour une posture qui oscille entre la démagogie de la recherche d’audience et le parti pris déguisé. Attendons de voir si le CSA prend position.