Les menaces à venir selon le renseignement canadien

Les menaces à venir selon le renseignement canadien

Le Service Canadien du Renseignement de Sécurité (SCRS) publie un rapport de 115 pages intitulé Perspectives sécuritaires 2018 – Risques et menaces éventuels – Étude prospective.
Ce rapport compte cinq chapitres :
– La Chine, des années dangereuses en perspective :
– Le présent et l’avenir de l’Islam politique
– La Russie d’ici 2018
– Les armes de destruction massive, l’évolution de la menace de la prolifération
– Pouvoir étatique et cyberpuissance

Sur la Chine, les auteurs du rapport estiment que les ambitions de politique étrangère se heurteront à une économie structurellement faible, la « formule de gestion centralisée conjuguée à une économie de marché peut survivre pendant deux ans encore. Toutefois, étant donné la complexité de l’économie chinoise et, internationale, elle n’est pas viable à long terme. ». En ce qui concerne « la politique d’affrontement en mer de Chine méridionale (…) La réaction des alliés des États-Unis dans la région dépend (…) de la mesure dans laquelle ils croient que Washington respectera ses engagements. »

Sur l’Islam au Proche Orient, on ne trouvera que des évidences. Un peu plus d’originalité par rapport aux médias mainstream (ou faut-il parler de réalisme ?) en ce qui concerne la Russie : « Les observateurs occidentaux exagèrent lorsqu’ils disent que la Russie est au bord de l’effondrement économique et vulnérable à des manifestations de mécontentement perturbatrices de la part de la population. La Russie s’adapte aux conditions défavorables, l’économie étant délibérément axée sur la sécurité plutôt que sur la libéralisation économique. De plus en plus, le pouvoir politique en Russie est concentré au niveau national dans le but de corriger les dysfonctionnements systémiques. Le régime actuel semble cohérent, durable et uni au centre. (…) Il y a lieu d’insister sur deux tendances. Premièrement, la Russie ne modernise pas son armée dans le but premier d’accroître sa capacité de mener une guerre hybride. Elle vise plutôt à renforcer ses capacités militaires conventionnelles à grande échelle. Autrement dit, elle se prépare à la guerre. Deuxièmement, sur les questions importantes qui provoquent des tensions internationales, le régime ne modifie pas ses politiques, mais choisit plutôt de les renforcer. »

Même si le risque d’utilisation d’armes de destruction massive reste limité au cours des deux années à venir, « le risque sera (…) plus grand que les armes nucléaires et chimiques, ainsi que leurs vecteurs balistiques, soient présents dans davantage de pays, ce qui sous-entend un plus grand risque d’utilisation. » Avec en particulier une Corée du Nord imprévisible…

En ce qui concerne la cybersécurité, « Étant donné le haut taux d’innovation technologique, la prédominance des logiciels commerciaux prêts à l’emploi et le nombre toujours plus grand d’appareils dotés de logiciels embarqués et impossibles à modifier, le risque de cyberattaques gardera une longueur d’avance sur les capacités de défense. » Dans ce contexte, le risque d’attaques catastrophiques est toujours plus grand, d’autant que l’internet des objets, connectant des appareils nombreux, vulnérables et dont il est impossible de modifier le logiciel à distance ajoute un nouveau danger. Enfin « L’utilisation par les États d’armes permettant de commettre des cyberattaques ne sera pas aussi limitée que l’utilisation des armes nucléaires parce qu’il est difficile de remonter jusqu’à l’agresseur en cas de cyberattaque. »

En conséquence, la période de 2016 à 2018 risque très fortement d’être marquée par des événements déstabilisants et des tensions internationales accrues.