Penser la guerre économique c’est d’abord penser la guerre

Penser la guerre économique c’est d’abord penser la guerre

 

 

C’est l’esprit de conquête qui anime l’histoire. C’est penser puissance et rapports de force ce qui a été totalement occulté par les Etats européens dans leur reconstruction post 1945, séparés par un « rideau de fer » (Fulton, 1946) abattu en son cœur de Stettin à Trieste. Esquissée dès la période 1917-1921, l’étude contemporaine des rapports de force a été vite biaisée par l’antagonisme entre deux systèmes décrits comme rivaux, l’un à dominante idéologique, l’autre tourné vers les échanges commerciaux et la conquête de nouveaux marchés. Elle montre combien ces rapports s’inscrivent entre « blocs » dans une logique d’alliance assez classique entre puissances militaires conventionnelles, par peur d’un nouveau conflit armé et par crainte d’une supériorité technologique ressentie dès la Grande Guerre, puis au cours de la seconde guerre mondiale (l’énigme Heisenberg et Hiroshima). Elle introduit une possible réinterprétation du concept westphalien de souveraineté par sa limitation en tant qu’instrument politique, militaire et industriel sous prétexte de défendre un régime idéologique et la stabilité intérieure de son « bloc », en fait le monopole du PCUS depuis la doctrine Brejnev, appliquée entre 1968 et 1988 (1). Elle prolonge une course classique aux armements devenue celle des systèmes d’armements dans une dynamique de l’évitement de leur obsolescence, dominée par la dissuasion nucléaire et la conquête spatiale avec le lancement de Sputnik en 1957. Elle mobilise inévitablement les économies qui recherchent de manière récurrente l’avantage compétitif, et à défaut l’avantage quantitatif. Elle oriente chacun des deux modèles vers un nouvel effort de guerre – même en période de détente – selon une flexibilité propre soit par des programmes militaires prioritaires (coordonnés par l’OSRD et la Rand Corp., puis le DARPA dans un solide partenariat public/privé), soit en privilégiant un mode autarcique directif aux moyens financiers inconvertibles, donc limités (planification autoritaire d’une division socialiste du travail, ou Comecon). A l’ère des révolutions industrielles marquées par l’intensité énergétique et la sécurité des approvisionnements, la limite des rapports de force s’illustre par le syndrome innovant du type Krupp dans une logique mercantile canons/blindage – aujourd’hui devenue mesures/contre-mesures (électroniques ou 5G) –, conduisant à l’épuisement économique ou social d’un pays faute du ressort de l’investissement.

 

Privilégier l’entrepreneur

Penser la guerre économique c’est d’abord comprendre cet impératif. C’est privilégier l’entrepreneur, et donc la connaissance économique du marché (2). L’investissement productif est « naturellement » nécessaire pour assurer la croissance et le progrès social. L’ignorer ou ignorer le théorème de Schmidt dans la création de la valeur, c’est affaiblir l’économie, renoncer à la puissance et s’interdire toute souveraineté. La France gaullienne est le seul pays européen à l’avoir compris. Elle a mis en œuvre une politique de sécurité et d’indépendance technologique sur le plan nucléaire, aéronautique et satellitaire, indissociable du secret. Assurée par le retour à l’équilibre des comptes (Plan Armand-Rueff). Elle a voulu la transmettre à l’Union européenne (UE) forte du succès indéniable d’Ariane, mais la vision mercantile de Bruxelles a faussé à nouveau l’objectif et détourné de la volonté de puissance. Aussi l’Europe a perdu la bataille des infrastructures liées à l’Internet… sans combat. La chute du Mur de Berlin en 1989 suivi de la dislocation de l’URSS deux ans plus tard a entretenu l’illusion d’une Fin de l’histoire et du dernier homme (3) renforcée par l’idée de la perte de légitimité des guerres inter-étatiques. Illusion entretenue par le retour à une croissance « bisounours » dominée par un multilatéralisme ambiant bienveillant (l’OMC se substituant au GATT en 1995) où s’échangent « les informations, les capitaux, les crédits, les hommes et les marchandises », et facilitant un nouveau basculement d’un « centre » cher à Fernand Braudel (4), mais désastreux pour l’Occident. L’UE découvre alors que l’opposition entre « blocs » peut sous-tendre des rivalités forcément économiques entre Etats, et que les pays émergents ne cessent d’élaborer des désirs de puissance, à défaut de revanche. Jadis la Prusse, plus récemment le Japon (1968) puis la Corée du Sud (1988) en termes de micro-électroniques, de nanotechnologies et d’algorithmes quantiques. Et à présent les BRICS, avec une Chine populaire fondamentalement marxiste aspirant à dominer une autre économie-monde alternative sous surveillance de masse et réseaux centrés vers elle (selon le plan Made in China 2025 adopté en 2015, et l’objectif final en 2049) à l’heure de la transformation digitale. Avec l’Information Age, l’échec des stratégies de Lisbonne (à partir de mars 2000) appelées à faire de l’UE « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde capable d’une croissance économique durable accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une grande cohésion sociale » confirme par un sophisme consensuel cet état de fait. En subissant l’extraterritorialité du droit, l’échec illustre la dissonance cognitive en vue d’élaborer une doctrine de puissance pour l’Union européenne (UE).

 

La nécessité d’une vision agile pour l’Europe

C’est oublier que le « miracle européen » est issu d’une conduite pouvant être qualifiée de « triche » (5). En privilégiant un modèle social néo-keynésien tourné vers la parité sociale et la consommation, la Commission européenne a su ignorer les rapports de force latents, le maintien ou l’accroissement de puissance. Durant la période de la guerre froide, elle entretient une incapacité à se projeter dans la globalisation de l’économie moins fondée sur le complexe issu du « fardeau de l’homme blanc » (1899) que sur une politique de refus de puissance. Forte de la protection des Etats-Unis au sein de l’Otan financée par l’absence de contrôle sur les émissions en dollars dans les accords de Bretton Woods (1944) puis dans les accords de Plaza (1985), l’UE fait l’économie des dépenses militaires qu’elle a du mal aujourd’hui à accepter, et obtient très vite une meilleure compétitivité (1958-1974) illustrée par le rôle des eurodollars déposés en Europe. A présent, il ne s’agit pas de faire face à une nouvelle guerre froide économique, mais de résister à une asymétrie des buts de la guerre « hors limites », devenue « hybride » faute d’une sécurité collective. En rappelant dans son discours sur l’état de l’Union (12 septembre 2018) que « le pacte fondateur de l’UE – plus jamais la guerre – reste une ardente exigence », le président Jean-Claude Juncker introduit une interprétation dangereuse du vocabulaire emprunté au général de Gaulle ou à Romain Gary et qui renvoie à la tragédie de 1914, et non aux espoirs de 1792 ou de 1848 : « Disons oui au patriotisme qui n’est pas dirigé contre les autres. Disons non au nationalisme surfait qui rejette et qui déteste les autres, qui détruit, qui cherche des coupables au lieu de chercher des solutions qui nous permettent de mieux vivre ensemble ». Il ne fait preuve ni de responsabilité, ni de courage en proposant des solutions face aux menaces « irrégulières » qui pèsent sur l’UE à un moment où le président Trump lui impose une vision « agile » et non plus strictement militaire dans les rapports de force « sans ennemi », sans déclaration de guerre ou face aux rogue states, et qualifiés de « guerre économique ».

Juncker commet une nouvelle confusion de genre, celle d’introduire un amalgame détestable car erroné sur la notion du « pays natif » (die Heimat) et sur le concept de souveraineté décidée à Bruxelles, donc usurpée. Or, dans un salutaire retour aux sources, il apparaît que tout citoyen (donc européen) n’a qu’une « espérance raisonnable, celle de servir sa patrie » (Montesquieu, L’esprit des lois, 1748), surtout quand elle est « en danger » pour faire entendre la voix de la nation et faire que cette voix souveraine devienne loi. Ce qui aurait dû conduire à un discours de « défense nationale »devant le peuple « debout qui attend dans le silence une réponse enfin digne de sa souveraineté ». Juncker devient coupable de l’absence de pragmatisme. Il reste doctrinal, ignorant les intérêts fondamentaux de l’UE et les aspirations naturelles de ses peuples ou nations : « Ce peuple qui connaît le péril de la chose publique est dans l’attente d’une mesure extraordinaire et forte de la part de ceux à qui il a confié ses destinées. Il sait que votre mission est d’exécuter son vœu et de statuer ce qui est voulu par la Nation. » (Joseph Delaunay l’aîné, Débats pour la Sûreté de l’Etat, 30 juin 1792) (6). Critique sur l’euroscepticisme et l’origine des populismes post 2009, il tourne le dos à un second printemps des peuples (après celui de 1848) marqué par des mouvements libéraux anti-Commission et nationaux (comme celui du Groupe de Višegrad, 1991) qui embrasent les capitales européennes : il assiste impuissant à l’irruption des peuples (au cri de « Wir sind das Volk ») dans la gouvernance européenne par les réseaux sociaux.

L’établissement d’une conscience européenne s’est dérobé sous les impératifs moraux ou humanistes utopistes (7), donc irréalistes éloignés de ces aspirations, alors que c’est la puissance recouvrée qui ne peut qu’en être le garant dans un contexte de « guerre économique » à la recherche de la maîtrise de l’information. Le « projet » politique européen a fait l’impasse de ces nouvelles réalités aux enjeux conflictuels, en accusant les nations de « fauteuses de guerre » mais en oubliant que ce sont les hommes de pouvoir qui la décident. Seule la souveraineté protège les peuples, et notamment la nouvelle souveraineté numérique qui n’introduit qu’une quatrième dimension transverse aux champs du concept westphalien que nos « élites » ont cru devoir s’effacer. Perte de souveraineté à un moment où l’étude des rapports de force globaux constate l’asymétrie des buts de guerres « hybrides » et la dévalorisation du « secret » dans la digitalisation de nos actifs quels qu’ils soient. Concomitant à la naissance du Tiers-Monde (Bandung, 1955), puis à l’émergence des « dragons » par vagues successives, notamment en Asie du Sud-Est, dans une course technologique (1978), enfin à l’acceptation sans contrepartie de la Chine populaire au sein du FMI et de l’OMC (2001), la dimension extérieure est restée curieusement absente dans la construction européenne. Comme s’il fallait occulter le lien entre « grande puissance » et « puissance coloniale » au tournant de 1956, cette construction ne s’est concentrée que sur l’approfondissement et le renforcement de la convergence d’un marché intérieur à partir de modèles théoriques. Son échec était inévitable, pourtant sanctionné par les référendums négatifs de 2005, dont aucune leçon n’a été retenue à Bruxelles. Loin d’avoir une quelconque stratégie de puissance, l’UE continue de tourner le dos à l’indépendance et à la souveraineté. Elle fait l’impasse à toute autonomie stratégique appelée à mobiliser les domaines régaliens (diplomatiques, défense des frontières et des intérêts économiques), et au final sa sécurité. L’UE n’a aucune culture du combat car née d’un rêve de paix dans un système de sécurité collective. Vingt ans après les Etats-Unis, elle découvre l’importance des « informations sensibles », mais ignore le principe de réciprocité. L’invalidation du Safe Harbor (2015) est due à la seule CJUE ce qui a conduit au RGPD. Véritable contrepartie à avantage comparatif certain autour des données personnelles (la RSE), c’est une réponse à l’extraterritorialité du droit américain renforcée par l’adoption du Cloud Act (2018). L’UE sacrifie ses autres actifs informationnels, donc industriels dans un « théâtre d’ombres » qui fait peur aux peuples européens. La taxation des GAFA relève d’une logique française de rentrées fiscales, et non de « sécurité nationale ». Conçue sans aucune stratégie globale prenant en compte la nécessaire protection du « secret » ou des informations sensibles (sensitive data), le caractère dual des industries ou encore la construction d’écosystèmes de confiance. « Sabordage. Comment la France détruit sa puissance », selon Christian Harbulot (2014), titre à élargir à l’Europe « frileuse » face aux logiques des nations émergentes et à la nouvelle « guerre sans visage » qui multiplie l’espionnage, les actes délictueux ou criminels, les actions terroristes ou mafieuses (8).

 

Arrêter de se désarmer

Sabordage, ou destin européen du Titanic, faute d’une « machine de guerre économique » (9) forte de l’« intelligence économique » (IE) et capable d’assurer la sécurité économique d’un Etat, partie intégrante de sa sécurité nationale ? Depuis le Rapport Martre (1993), et malgré l’action d’Alain Juillet (2003) (10), le sort de l’IE en France reste lié à celui de Bercy, autrement dit à une haute administration incapable de se coordonner face aux différentes formes de menaces ou unfair competition (concurrence déloyale) pesant sur les entreprises et leur environnement (données personnelles ou sensibles, e-reputation), les sites de production ou de recherche (PPST, SAIV, points d’importance vitale, etc.), les produits et secrets de fabrication (contrefaçon) et les personnes (manipulation, fraudes au président, désinformation, etc.). Alors que l’Allemagne se lance dans l’Industrie 4.0, l’industrie française ne représente plus que 10% du PIB, soit la moitié de celle d’outre-Rhin. Penser la guerre économique en mode cyber, c’est porter l’étude des rapports de force vers les menaces qui prennent une tournure virtuelle et indécelables, et accroissent la méfiance. Sabordage – mot terrible qui rappelle celle d’une puissante flotte modernisée sans avoir jamais combattu – en raison d’un SGDSN au bilan contestable faute d’autorité sur les HFDS ou le « secret-défense », voire de doctrine en matière d’activités « sensibles ». La doctrine, quand elle existe, n’est pas suffisante – à l’image de celle de « l’offensive à outrance » adoptée par l’armée française dès octobre 1913 – sans jamais connaître une influence effective sur les pratiques au quotidien, de surcroît avec un haut commandement ou de hauts responsables sans unité de vues. « En définitive, la masse de l’armée, longtemps maintenue dans un monde défensif, n’avait ni doctrine ni instruction. Incertaine de la voie à suivre, elle ne formait point un outil capable d’appliquer la rude doctrine de l’offensif ; (…) c’est dans ce cadre qu’une jeune opinion ardente, croyant s’être bâti un corps de doctrine conforme aux traditions de la guerre, se laissait entraîner par son enthousiasme et sa foi jusqu’à des exagérations dangereuses » (11) (Joffre). A l’heure du cyberespace, ce constat demeure, les outils ou dispositifs de protection souverains existent, mais c’est toute une conception de la guerre à reprendre par un processus de systems analysis. Si les politiques de puissance menées par les États restent un facteur structurant de la scène internationale, souvent chaotique, la guerre économique récente montre combien la France, et l’UE sont démunies (12).

Pour la France – seul État doté de l’arme nucléaire dans l’UE-27 et intégré dans un réseau d’alliances –, les attaques ou crises récentes issues des nouveaux rapports de force de l’ère de l’Information avec ses shadow systems posent la question de la bonne politique de sécurité nationale à poursuivre. Or, la France a la capacité de réagir par une meilleure adaptation, coordination et professionnalisation de son appareil militaro-sécuritaire public/privé : penser la guerre économique c’est penser la grandeur.

 

Philippe Mueller Feuga (*)

 

Notes et références

1 – Georges-Heni Soutou, La Guerre de cinquante ans, Les relations Est-Ouest 1943-1990, Fayard, 2001. Et Tony Judt, Après-guerre : une histoire de l’Europe depuis 1945, Pluriel, 2005.

2 – Défini par Joseph Alois Schumpeter dès 1926, in « Théorie de l’évolution économique », Paris, Dalloz, 1999.

« sans opinions ou avec des opinions fausses sur l’entrepreneur, le profit, le crédit et les crises, on ne peut rien dire de raisonnable sur tout ce qui nous intéresse et nous fait agir dans le monde de l’activité économique », Joseph A. Schumpeter in Préface de la deuxième édition corrigée de la Théorie de l’évolution économique, 1926.

3 – Francis Fukuyama, « The End of History », The National Interest, Summer 1989, La Fin de l’histoire et le Dernier Homme, Paris, Flammarion, coll. Histoire, 1992, 452 p.

Et la réponse de Samuel P. Huntington à l’automne 1989 dans The National Interest sous le titre « No exit » : « The struggle that is history began with the eating of the forbidden fruit and is rooted in human nature. In history there may be total defeats, but there are no final solutions. So ‘long as human beings exist, there is no exit from the traumas of history.

To hope for the benign end of history is human. To expect it to happen is unrealistic. To plan on it happening is disastrous. »

4 – Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVème – XVIème siècles, Paris, Armand Colin, 1997 ; et La dynamique du capitalisme, Paris, Flammarion,1985.

5 –  Cf. l’essai d’Yves Laulan « La Triche », Paris, Pluriel, 1982.

6 – In Choix de Rapports, Opinions et Discours recueillis dans un ordre chronologique, tome IX, année 1792, p. 137.

7 – La référence dans son discours à l’année 1913 comme « calme, paisible, optimiste » est totalement erronée car depuis 1905 l’Europe était sur un baril de poudre et les buts de guerre s’affirmaient.

8 – Cf. les essais du commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud, dont Le monde des mafias. Géopolitique du crime organisé, Odile

Jacob, Paris, 2005.

9 – Christian Harbulot, La machine de guerre économique. Etats-Unis, Japon, Europe, Paris, Economica, 1994 ; et Sabordage. Comment la France détruit sa puissance, François Bourrin Editeur, 2014.

10 – A propos des « secrets d’entreprise » Alain Juillet, ancien responsable de l’IE au SGDN puis président du CDSE et de l’ALCCI, réclame de véritables mesures d’« hygiène » face au commerce illicite ou aux « pratiques commerciales grises » encouragés par « l’accélération de la transformation digitale (qui) engendre une nouvelle chaîne de risques pour les entreprises ».

L’IE est « un ensemble d’activités coordonnées de collecte, de traitement et de diffusion de l’information utile aux acteurs économiques, en vue de son exploitation. On peut y ajouter les actions d’influence et de notoriété ainsi que celles liées à la protection de l’information. Il s’agit d’aller au-delà de l’activité de veille, de surveiller son environnement et d’intégrer les données pour les transformer en informations stratégiques opérationnelles, autour d’un cycle : Expression des besoins, recherche et collecte des informations, traitement et diffusion aux acteurs concernés ». (12 juillet 2018)

11 – Ferdinand Joffre, Mémoires, 1910-1917, Paris, Plon, 1932, vol. 1. Son constat demeure, élargi à la haute administration en raison de la dualité de nos industries de guerre : « ballotée depuis de longues années entre les théories les plus extrêmes, encadrée par des officiers rebelles à toutes les innovations, l’armée conservait néanmoins une apathie et une indolence absolues. Sans doute on savait que l’offensive était à la mode en haut lieu, et on s’efforçait de faire de l’offensive, mais dans quelles conditions ! »

12 – Cf. réflexions d’Hubert Védrine, dans Comptes à rebours, Paris, Fayard, 2018.

(*) Ancien Responsable de la protection du secret, SGDSN/HFDS, Ministères économique et financier secrétaire général du Club des Officiers de sécurité (ClOS) membre de la Fédération des experts européens en cybersécurité (EFCSE).