L’impact des groupes de pression sur l’agro-industrie française

L’impact des groupes de pression sur l’agro-industrie française

 

Burger, Manger, Hamburger, Délicieux, Alimentation

 

L’agroalimentaire… « Un secteur en pleine expansion », « ces innovations qui « boostent » l’agroalimentaire », « l’agroalimentaire : un secteur porté par son innovation »… Tous ces titres aguicheurs en feraient presque oublier que l’agroalimentaire s’inscrit avant tout dans le rez-de-chaussée de la pyramide des besoins de Maslow. Avant de devenir cette cash-machine que l’on connait aujourd’hui, où la soif de profit des industriels et notamment de la grande distribution semble mener la danse, l’agroalimentaire répond à un besoin physiologique. Si le secteur a suivi l’évolution globale de notre société, de chasseurs-cueilleurs à cultivateurs puis simple consommateurs, la frénésie qui s’est emparée de nos assiettes n’a pas d’égale. La filière alimentaire est un secteur confronté à de nombreuses mutations, telles l’automatisation, la standardisation et la concentration. Par ailleurs, elle doit faire face à de profondes transformations sociétales, notamment l’évolution démographique, l’émergence d’une classe moyenne, l’occidentalisation des modes de consommation, l’urbanisation etc.

Soumis à de nombreux défis, les industries agroalimentaires ont toujours cherché à adapter leurs offres à la demande en apportant des solutions aux consommateurs. Leurs produits doivent répondre aux changements de modes de vie, être pratiques, faciles et rapides à mettre en œuvre. Ces dernières décennies, les produits commercialisés ont cherché à associer plaisir, praticité, forme, éthique, santé, plus de « naturalité » et santé. Sur ce dernier point, ainsi que nous le précisait Karine Boquet, Cheffe du Secrétariat interministériel du Conseil National de l’Alimentation, lors d’un entretien accordé en août dernier. L’attente sociétale en matière d’aliment favorable à la santé doit être pris au sens large, dans une approche systémique, celle du One  Health, c’est-à-dire qui doit être à la fois favorable à la santé humaine, mais aussi à la santé de l’environnement, à la santé des animaux et accessible à tous dans une préoccupation de justice sociale (Cf. entretien  en annexe du PDF, p 82).

Il est clair que les pratiques alimentaires ont radicalement changé. Le développement des enseignes de fast-foods et autres boutiques de repas à emporter se multiplie. En 2017, il existait en France 32 000 restaurants rapides représentant un chiffre d’affaires de 54 milliards, à comparer aux 88 milliards du chiffre d’affaires total de la restauration[i] En plus de son faible coût, la junk food est synonyme de liberté, convivialité, et rapidité. Elle représente plus d’un repas sur cinq dans les pays développés[ii], 1,2 milliard de hamburgers sont consommés annuellement en France[iii], un tiers des jeunes américains mangent quotidiennement dans un fast food[iv], un jeune sur six mange dans un fast food deux fois par jour en Angleterre[v].

Facile à consommer et sans se ruiner, les sodas, pizzas, burgers et frites ne présentent pas de réels dangers pour la santé, à condition de ne pas en abuser et de pratiquer une activité physique régulière. L’apport calorique d’un seul repas permet le plus souvent d’atteindre les besoins énergétiques quotidiens d’une personne, quand bien même relativement pauvres en vitamines et fibres alimentaires. « Trop gras, trop sucré, trop salé », les effets de la malbouffe sur l’organisme sont régulièrement pointés du doigt. L’essor du numérique au sein de la cellule familiale, notamment les jeux en réseau, renforce la sédentarité en amenuisant la pratique d’exercice physique.

Le présent rapport propose une description et une analyse des stratégies informationnelles et les enjeux du rapport d’influence des acteurs économiques, politiques et sociétaux gravitant autour des produits transformés « sans », et plus particulièrement des produits commercialisés avec un étiquetage présentant les allégations ou logo reconnus par le consom’acteur captif comme favorables à sa santé : « AB », «végan », « sans gluten », « sans additif », tout comme l’étiquetage nutritionnel.  Une étude de cas de guerres informationnelles par le contenu, des rapports du faible, le consom’acteur, au fort, l’agro-industriel.


Claire Armengaud, Angélique Guettier, Benoit Jacq, Gilles Lallemand, Maxence Tettamanti

 

 

Lire le PDF : ImpactdesgroupesdepressionsurindustrieagroFrance

 

 

 

 

[i] https://www.europe1.fr/economie/les-chiffres-de-la-croissance-phenomenale-du-fast-food-en-france-3742082

[ii] http://www.lefigaro.fr/conso/2014/12/11/05007-20141211ARTFIG00200-un-repas-sur-cinq-est-pris-dans-un-fast-food-en-decembre.php

[iii] https://www.planetoscope.com/restauration/1737-consommation-de-hamburgers-en-france.html

[iv] http://www.slate.fr/story/107341/fast-food-enfants-adolescents-americains

[v] https://www.cuisineaz.com/articles/un-jeune-sur-six-mange-dans-un-fastfood-deux-fois-par-jour-544.aspx