La sanctuarisation compliquée de l’économie suisse de la santé

La sanctuarisation compliquée de l’économie suisse de la santé

Genève, Lac, Suisse, Lac Léman, L'Eau

 

 

Les enjeux de l’économie de la santé sont essentiels en Suisse à plusieurs égards : le domaine de la santé génère à lui seul 38% du PIB Suisse, la chimie-pharma représente près de la moitié de la valeur des exportations suisses et le secteur de la santé au sens large occupe directement ou indirectement plus de 13% des emplois. Quant à l’industrie pharmaceutique, elle est de longue date le principal moteur de croissance pour le pays. Les laboratoires suisses Roche et Novartis se classent parmi les plus importants groupes pharmaceutiques et sont rentrés de plein fouet dans la guerre économique. Les “Big-pharma” combattent les entreprises américaines par la fusion-acquisition, l’innovation et les rachats technologiques. Il est vrai que la Confédération helvétique est de plus en plus dépendante de cette industrie à forts capitaux qui commence à attirer les convoitises, alors elle la protège et la nourrit par la création d’un écosystème complet.

Bien que libérale dans son essence, la Suisse n’hésite pas à faire preuve d’interventionnisme en faveur de cette industrie vitale. Cette politique se traduit par des initiatives publiques en faveur de la recherche et de l’innovation. Cette dynamique se concentre principalement dans la “Health-Valley”. En effet, cette dernière profite à toute l’industrie par la mise en place de facilités de financement, la création de hubs publics-privés, d’accélérateurs et d’incubateurs de start-up, partage de brevets, orientation vers les technologies de demain. Laboratoires, start-up, société civile et fleurons industriels travaillent en synergie dans le même sens.

Les intérêts financiers des grands fleurons ou des assurances, viennent parfois se heurter au besoin de protection des données des patients. L’extraterritorialité du droit américain ou européen, ainsi que la pression de certains lobbies, viennent complexifier ce processus de sanctuarisation notamment sur les données de santé. La société helvète doit donc rester prudente, afin de permettre la bonne marche de son économie dans un contexte innovant, et en même temps, garder une part de souverainisme sur les données personnelles de santé de sa population.

 

Rapport rédigé par :  Armand Bedeau,  Cédric Coulon, Diane Bangaly,  Narcisse Aimé Esselem,

Chaïm Fellrath,  Patherne Kotto,  Thomas Labbouz,  Sarah Mahmboub,  Geoffrey Pages-Galdiolo, Adrien Rahmati-Georges

 

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