La Russie face à la question de la suprématie informationnelle

La Russie face à la question de la suprématie informationnelle

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La question de la suprématie informationnelle s’est posée dès le début de la révolution russe. Les Bolchéviks ont mené plusieurs guerres de l’information par le contenu :

  • Contre « les blancs » c »est-à-dire leurs ennemis intérieurs. Ils obtinrent la suprématie informationnelle sur les forces tsaristes ou assimilées parce que leur discours était centré sur les demandes formulées par une partie importante de la population : l’arrêt de la guerre ou la remise en cause du système sociétal hérité du tsarisme. Ils ont gagné la bataille des slogans car les forces « blanches » ne proposaient qu’une réforme constitutionnelle ou un aménagement du régime sans répondre aux besoins immédiats de la population.
  • Contre les sociaux démocrates de tous les pays. Les partisans du modèle communiste ont cherché dès la création de l’URSS à promouvoir un modèle de révolution qui était l’opposé du programme réformiste des partis socialistes. L’orientation politique « classe contre classe » ainsi que l’appelait la mouvance communiste représentée par la nouvelle internationale (Komintern), abouti à des scissions comme ce fut le cas en France au sein de la SFIO mais ne permit pas aux nouveaux partis communistes créés sous l’impulsion de Moscou d’imposer une suprématie informationnelle à la partie des sociétés civiles qui se situaient à gauche sur la scène internationale.
  • Contre les forces « fascistes ». La lutte antifasciste fut l’occasion pour le mouvement communiste international de sortir d’une certaine forme de sectarisme. Les communistes élargirent leur  audience en sensibilisant notamment les milieux intellectuels européens. Par le biais de l’antifascisme, les communistes purent pénétrer des milieux qui jouèrent par la suite un rôle important dans les jeux d’influence (la culture, le monde éducatif, certains médias). La signature du pacte germano-soviétique réduisit considérablement la légitimité de leurs messages. Les crimes commis sous Staline, la polémique sur le massacre des officiers polonais à Katyn, la main de fer pour s’imposer dans les nouvelles démocraties populaires après la chute du nazisme, le Goulag, la dissidence contre le régime soviétique, réduisirent considérablement les capacités soviétiques à obtenir une suprématie informationnelle durant la guerre froide.

La disparition de l’URSS et la période Eltsine réduisirent encore plus les marges de manœuvre d’un pays qui fut sur la défensive durant plusieurs décennies. La volonté américaine de réduire l’ancienne patrie du communisme à un rôle subalterne redonna paradoxalement de l’impulsion aux forces qu voulaient s’opposer à cet état de fait. Les intrusions occidentales de plus en plus systématiques dans la vie politique intérieure russe vont inciter Vladimir Poutine à reployer des forces pour ne plus subir la suprématie informationnelle que cherchent à lui imposer selon lui   les Etats-Unis d’Amérique.

La période de gouvernance « poutinienne » ouvre la voie à un repositionnement de la Russe dans la recherche d’une suprématie informationnelle là où le monde occidental régresse ou s’affaiblit.

Le PDF ci-dessous traite de cette problématique. Il a été réalisé par des étudiants de la RSIC 02 de l’Ecole de Guerre Economique.

 

Christian Harbulot

Russieetsuprematieinformationnelle  : Lire le PDF :