L’arme informationnelle : le chaînon manquant dans notre système de défense

L’arme informationnelle : le chaînon manquant dans notre système de défense

 

Faux, Fausses Nouvelles, Médias, Ordinateur Portable

 

La France a un chaînon manquant dans son dispositif de riposte informationnel. Ce constat n’est pas assumé publiquement mais il doit trouver une réponse, faute de quoi nous serons une fois de plus vulnérable. Les risques se multiplient aussi bien au niveau international (manœuvres d’intimidation de la Turquie, durcissement de l’influence chinoise, continuité des opérations d’information russes) que sur le plan intérieur (crise des gilets jaunes, contestations subversives, communautarisme et séparatisme menaçant l’ordre républicain).

Le point commun à ces différents risques est l’usage croissant de la guerre de l’information par le contenu que développent les différents protagonistes qui menacent, à des niveaux différents, les intérêts de la France. Jusqu’à présent, notre pays subit ces attaques informationnelles et éprouve des difficultés à les contenir. La configuration actuelle des moyens étatiques ne permet pas au pouvoir politique de contrer ou de passer à l’offensive.

Face à cette montée en puissance de l’usage indirect de l’information dans les rapports de force, il devient urgent de créer une force de dissuasion informationnelle, transversale et agile pour contrer les actions nuisibles à la politique de la France. Il est important d’avoir conscience du fait qu’une guerre de l’information ne saurait avoir qu’une composante défensive contre les velléités susvisées. La guerre de l’information par le contenu contient nécessairement un aspect offensif afin de révéler les failles et les contradictions internes nombreuses de l’adversaire.

Dans un tel contexte extérieur et intérieur, il est devenu plus que nécessaire d’identifier, de maîtriser et de contrer ces manœuvres, afin d’en limiter l’impact stratégique et de reprendre l’initiative sur le terrain de l’information.  Il est nécessaire de se faire craindre pour être crédible et ne as subir la loi de l’adversaire. Cette remarque dépasse très largement le cadre strictement militaire. Le Ministère des Armées prend en compte cette réalité en fonction du cadre de ses missions et plus particulièrement sur les théâtres d’opération à des troupes françaises sont déployées. Mais le champ d’action informationnel est beaucoup plus large désormais. Et la surveillance, si elle est très utile, ne suffit pas.

 

Christian Harbulot

 

Pour aborder ces questions délicates, il faut se doter de grille de lecture. Le PDF ci-joint renvoie à un chapitre d’un ouvrage que j’ai écrit sur ce type de problématique : Les pertes de repère